Actu de l'église

Méditation dominicale : dimanche 30 septembre 2018

Le Père jésuite Michel Ntangu, nous introduit à la méditation avec les lectures du 26ème dimanche ordinaire, année B.

Chers Frères et Sœurs, les lectures de méditation de ce 26e dimanche du temps ordinaire nous offrent un exercice de discernement entre l’accueil ou la tolérance et l’intransigeance. Dans l’évangile de Saint Marc (9,38-43.47-48), un jour, les apôtres veulent interdire à quelqu’un qui pratique l’exorcisme au nom de Jésus. En effet, ils viennent se plaindre à Jésus parce qu’ils avaient vu quelqu’un « chasser les esprits mauvais » sans appartenir au cercle restreint des apôtres. Nous pouvons dire qu’il s’agit d’une réaction normale, celle de vouloir affirmer son identité ou son appartenance à un groupe lorsque quelqu’un d’autre veut vous voler la vedette. Nous sommes naturellement portés à nous méfier de ceux qui ne sont pas de notre camp. Le sectarisme n’est pas d’aujourd’hui. Nous lisons dans la première lecture que, déjà, au temps du prophète Moïse, on voulait interdire à Eldad et Médad de prophétiser parce qu’ils n’étaient pas de leur camps. Moïse ne les empêcha pas. Il répondit : « Ah! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! » (Nombres 11,25-29).
Dans l’Evangile, Jésus fait preuve d’une grande ouverture en nous donnant une leçon d’accueil et de tolérance pour toute communauté chrétienne. Ainsi, donc sa réponse est claire : N’empêchez personne qui fait le bien même s’il n’est pas de votre clan. Celui qui ne dit pas du mal de Jésus, c’est-à-dire qui ne le rejette pas, n’est pas contre Lui. Comme disciples du Christ, nous sommes invités à comprendre que personne n’a le monopole de l’Esprit saint ou de faire les miracles. Ceux qui ont reçu ce don de l’Esprit n’en sont pas les propriétaires exclusifs. On n’enchaîne pas l’Esprit saint car il souffle où il veut. Qui pourrait faire taire le vent de l’Esprit ? L’Esprit saint agit aussi en dehors de nos structures, en dehors de nos communautés.
Malgré cette attitude d’accueil et de tolérance, cela ne veut pas dire que Jésus est indifférent au mal commis par ses disciples ou chrétiens que nous sommes. Jésus s’indigne fortement de notre comportement mauvais et scandaleux. Il nous invite à un radicalisme intransigeant qui nous pousse à adopter des comportements qui soient un témoignage à son message.
Pour le dire positivement : Tout ce qui contribue à vivre pleinement le message de Jésus doit être encouragé : la récompense pour le verre d’eau offert aux disciples, éviter à scandaliser les faibles jusqu’aux mesures à prendre pour ne pas être scandalisé soi-même. À l’intérieur des communautés, l’attention à la foi des plus faiblesse et l’attention fraternelle aux plus fragiles sont un devoir incontournable et en même temps une option préférentielle pour le Christ Lui-même.
Et pour le dire négativement : Jésus nous invite à prendre des décisions radicales à l’égard de tout ce qui peut nous entraîner au mal et au péché. « Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits… mieux vaudrait le précipiter dans la mer avec une meule au cou !… Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le ! » . Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas ». Il est évident que Jésus ne demande pas de prendre ces paroles ou ces images au premier degré. Ce serait du fondamentalisme ! Ces paroles sont de type prophétique et destinées à faire choc.
Dans le même ordre d’idée, la deuxième lecture nous demande de dire que le mal est un mal. Nous devons le dénoncer et le combattre. Et s’il fallait encore nous en convaincre, il suffirait d’écouter saint Jacques dans la seconde lecture où il déclare malheureux ceux qui se laissent prendre par la convoitise de l’argent et des biens terrestres et rivalisent pour en posséder toujours davantage en exploitant les pauvres, les malheureux. « Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. Vos richesses sont pourries. Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué sans qu’il vous oppose de résistance ». (Jacques 5,1-6),
Tant de pauvreté provoquée par l’injustice dans notre monde aujourd’hui a pour cause réelle des intérêts économiques, des appétits de richesse et de pouvoir. Ces textes de notre méditation de ce dimanche doivent nous rappeler que la force du Christianisme réside à la fois par la simplicité de son message d’Amour pour Dieu et au caractère exigeant de son message d’Amour pour le prochain, surtout pour les plus faibles, les abandonnés, des délaissés avec toutes les implications sociales, économiques et politiques.
Si nous voulons vraiment suivre Jésus, nous devons à la fois être tolérants et tenir fort dans l’exercice de la Charité. C’est ce don que je voudrais demander à Dieu spécialement pour vous et pour moi dans la prière d’aujourd’hui. Amen.