Paroisse

Méditation dominicale : XXIIIe dimanche du temps ordinaire

Le Père jésuite Rigobert Kyungu nous introduit à la méditation avec les lectures du XXIIIe dimanche du temps ordinaire :

Frères et sœurs, les lectures de ce dimanche invitent tous ceux qui traversent des situations difficiles à ne pas se décourager car Dieu a de la prédilection pour les affligés, les pauvres et les petits. Dans la première lecture le prophète Isaïe demande au peuple en exil de prendre courage car Dieu lui-même va venir le sauver. Dans la deuxième lecture, l’apôtre Jacques nous invite à ne pas faire des différences entre les personnes sur base de leurs conditions sociales, car nous sommes tous égaux, dans la foi en Jésus-Christ.
L’évangile nous donne l’illustration de la prédilection de Dieu pour les petits, avec l’épisode de la guérison d’un sourd-muet qui était exclu de la communauté de par son incapacité à entendre et à parler. Jésus le réintègre dans la communauté et met ainsi fin à l’exclusion dont il était victime.
Jésus a fait preuve de grande compassion à l’égard de ce sourd-muet. Il n’a opposé aucune résistance pour lui venir en aide. Aussitôt qu’on lui en parle, il commence immédiatement le rite de guérison et l’amène à l’écart, pour être seul avec lui. C’est dans le seul à seul que Dieu se communique et déploie sa puissance. Jésus lui-même déclarait que lorsque nous prions nous devrions nous retirer dans le secret pour nous adresser au Père qui voit dans le secret (Mt 6, 6). Il est donc essentiel de quitter parfois la foule pour rencontrer le Seigneur dans le seul à seul, car la foule peut distraire et exposer au risque de la superficialité et du sensationnel, comme nous le remarquons facilement dans nos sociétés.
La guérison que Jésus apporte est toujours intégrale et ne se limite pas seulement aux parties malades du corps. En effet, pour guérir le sourd-muet, Jésus lui a dit « ouvre-toi », en s’adressant à son être tout entier, et non seulement à ses membres malades. Nous sommes nous aussi invités à lui présenter tout notre être afin qu’il y opère la guérison totale, c’est- à-dire le salut du corps et de l’âme. La parole Effata, ouvre-toi, est aussi une invitation à nous dévoiler, sans nous enfermer sur nous-même ni cacher les choses qui sont dans nos cœurs et qui peuvent nous tourmenter. Nous pourrons par exemple en parler à une personne de confiance, ou à notre accompagnateur ou notre confesseur, afin de nous aider à nous en sortir.
Remarquons aussi que c’est à travers les différents sens physiques que Jésus a communiqué la puissance divine au sourd-muet et l’a guéri. La grâce de Dieu peut aussi nous atteindre à travers nos sens, par exemple le contact de l’imposition des mains, ou lorsque nous nous tenons par la main pour prier ensemble ; il y a aussi les contacts avec les matières des sacrements ou d’autres objets sacrés, ou encore la contemplation de l’hostie consacrée, ou l’écoute de la parole de Dieu, et que sais-je encore. Et la foi doit toujours accompagner tous ces contacts.
Enfin, le sourd-muet aussitôt guéri a d’abord entendu la voix de Jésus, avant autre chose. Puisse le Seigneur nous guérir de notre surdité afin de nous rendre capables de bien écouter sa parole et de la garder dans nos cœurs. Puisse-t-il aussi nous aider à ouvrir nos cœurs afin de pouvoir le proclamer, non seulement par ce que nous disons mais aussi par tout notre être. Amen.
Père Rigobert Kyungu